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Pour que le temps, notre temps soit vivant, il faut qu’il soit sensible

Nos idées, nos projets, nos actions et nos paroles ne sont rien et n’ont aucune forme d’efficacité si elles ne sont pas ressenties dans une durée sensible qui est celle de notre corps/esprit. J’aurai beau avoir les meilleurs idées du monde, j’aurai beau mettre en place l’organisation la plus efficace (« sur le papier »), grâce à de brillants consultants, j’aurai beau penser avoir les bons arguments pour motiver au plus vite mes équipes, si cela ne passe pas par des temps sensibles de partage, d’écoute, de convivialité et d’alignement, ce seront des temps mort.

René MAGRITTE

L'Art de la conversation

1950

81x65 cm

Eprouver le monde dans lequel nous sommes, l’interroger au regard de ce que nous pensons et sentons en nous-mêmes et avec les autres : il s’agit de ne pas se laisser faire par l’implacable « fatalité » d’un temps court qui court. La plupart des gens dans l’entreprise en sont capables car ce sont des personnes tout simplement. Mais elles parlent et vivent au nom d’un temps mécanique et froid qui n’est pas le leur… les urgences, les réorganisations stratégiques s’enchaînent et se répètent en discordance avec ce que les personnes ressentent vraiment. Et puis chacun oublie… Nous oublions que nous nous sentons mal au sein de ces temps volontaristes et hachés, et nous enchaînons les réunions, sans sentir que nous nous raidissons. Réconcilier le temps rationnel de l’entreprise et le temps sensible de la personne est devenu un enjeu existentiel. Comment cela se fera-t-il ? Sans doute pas en séparant d’un gros trait de procédure ou de charte éthique la vie personnelle et la vie professionnelle, mais au contraire en déplaçant les lignes et en jouant avec elles, en épousant la diversité des temps. C’est en faisant davantage entrer le temps de la « personne » dans l’organisation que celle-ci répondra par cette agilité dont nous rêvons tant… Christine Cayol

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